Communication managériale : comment mieux communiquer avec ses collaborateurs ?
Améliorer la communication ? La communication managériale ne consiste pas seulement à transmettre des informations, donner des consignes ou animer des réunions. Un manager communique aussi par sa manière d’écouter, de formuler une demande, de donner un feedback, de réagir à un désaccord ou de se positionner face à son équipe.
Il peut ainsi avoir le sentiment d’avoir été parfaitement clair alors que son message produit un effet très différent de celui qu’il recherchait. Entre ce que le manager veut transmettre, ce qu’il exprime réellement et ce que ses collaborateurs perçoivent, des écarts peuvent apparaître.
Améliorer sa communication managériale suppose donc de travailler à la fois sur les mots, l’écoute, la posture et l’impact produit sur l’autre.
L’equicoaching permet précisément d’expérimenter cette dimension de la communication. Face au cheval, le manager peut observer immédiatement les effets de sa manière d’entrer en relation, puis ajuster son comportement pour développer une communication plus claire, plus cohérente et mieux adaptée à ses interlocuteurs.
Le sentiment d’isolement
Marc, un manager aguerri, semblait avoir tout pour réussir : une équipe compétente, des objectifs clairs et des projets ambitieux. Pourtant, il ressentait un problème grandissant et invisible : il avait l’impression de ne plus être écouté.
Au fil du temps, les réunions s’étaient transformées en monologues, ses collaborateurs étaient distraits et les retours d’équipe quasi inexistants. Le lien de confiance qui faisait la force de son équipe commençait à s’effriter, entraînant une baisse notable de la motivation collective.
Marc savait que quelque chose ne fonctionnait pas dans sa manière de communiquer, mais il ne parvenait pas à en identifier la cause. C’était comme s’il avait perdu cette connexion essentielle qui fait qu’un manager est écouté et respecté.
La rencontre avec l’equicoaching
Un jour, Marc a entendu parler d’une méthode innovante : l’equicoaching. Curieux, bien que légèrement sceptique, il a décidé de se lancer et de participer à un séminaire.
Cette approche, alliant interaction avec des chevaux et développement des compétences humaines, lui promettait une nouvelle perspective sur la communication et la gestion d’équipe.
Qu’est-ce que la communication managériale ?
La communication managériale désigne l’ensemble des échanges par lesquels un manager transmet des informations, donne une direction, formule des attentes, écoute ses collaborateurs et entretient la relation avec son équipe.
Elle intervient au quotidien : lors d’une réunion, d’un entretien individuel, d’un feedback, d’un recadrage, d’une prise de décision ou simplement dans les échanges informels.
Mais communiquer en tant que manager ne consiste pas uniquement à faire circuler l’information. La manière dont un message est formulé, la place laissée au dialogue et le comportement du manager influencent également la façon dont ce message est compris et reçu.
Définition de la communication managériale
La communication managériale peut être définie comme la capacité du manager à transmettre un message et à créer les conditions d’un véritable échange avec ses collaborateurs.
Elle remplit plusieurs fonctions : expliquer une décision, clarifier un objectif, donner des repères, recueillir des informations, écouter une difficulté, reconnaître un travail, exprimer un désaccord ou encore recadrer un comportement.
Une communication managériale efficace ne se mesure donc pas seulement à ce que le manager a dit. Elle dépend également de ce que son interlocuteur a compris, de la possibilité qu’il a eue de réagir et de la qualité de l’interaction qui s’est instaurée.
Le manager doit ainsi pouvoir ajuster sa communication en fonction de son interlocuteur, de la situation et de l’objectif recherché.
En quoi diffère-t-elle de la communication interpersonnelle ?
La communication interpersonnelle concerne plus largement les échanges entre deux ou plusieurs personnes dans le cadre professionnel. La communication managériale en constitue une application particulière, caractérisée par la responsabilité et la position du manager.
Lorsqu’un manager s’adresse à un collaborateur, sa parole n’a pas exactement le même poids que celle d’un collègue. Il peut fixer des objectifs, évaluer le travail, arbitrer, prendre des décisions ou poser un cadre. Cette responsabilité modifie nécessairement la relation et la manière dont ses messages peuvent être perçus.
Le manager doit donc parvenir à assumer sa fonction et son autorité tout en maintenant les conditions du dialogue. Il ne s’agit ni de renoncer à décider pour préserver la relation, ni de considérer que la position hiérarchique suffit pour être compris et suivi.
Pourquoi le manager communique aussi par son comportement
Un manager communique même lorsqu’il ne parle pas.
Sa posture, son regard, son ton de voix, son niveau d’attention, ses silences ou sa manière de réagir à une objection transmettent eux aussi des informations. Un responsable peut, par exemple, affirmer qu’il souhaite entendre les désaccords tout en manifestant de l’impatience dès qu’un collaborateur exprime un point de vue différent.
Dans ce cas, le comportement peut contredire le discours.
Cette dimension est particulièrement importante dans le management, car les collaborateurs observent non seulement ce que leur responsable leur demande, mais aussi la manière dont il se comporte lorsqu’une difficulté apparaît, qu’une décision est contestée ou que la pression augmente.
Améliorer sa communication managériale suppose donc de s’intéresser à la fois à ce que l’on dit, à la manière dont on le dit et à ce que notre comportement fait réellement percevoir à l’autre.
Pourquoi la communication du manager influence-t-elle son équipe ?
La manière dont un manager communique influence directement la façon dont ses collaborateurs comprennent les attentes, interprètent les décisions et trouvent leur place dans le fonctionnement de l’équipe.
Une même décision peut ainsi être comprise et acceptée très différemment selon la manière dont elle est expliquée. De même, demander à ses collaborateurs de s’exprimer ne suffit pas si, dans les faits, ils ne se sentent pas réellement autorisés à questionner une décision ou à signaler une difficulté.
La communication managériale contribue donc à créer le cadre relationnel dans lequel l’équipe travaille, échange et agit.
Donner du sens et clarifier les attentes
Un collaborateur peut difficilement s’engager pleinement dans une action s’il ne comprend ni ce qui est attendu de lui, ni pourquoi cela compte.
Le rôle du manager ne consiste donc pas seulement à transmettre des objectifs ou des consignes. Il doit également pouvoir expliquer leur finalité, préciser les priorités et vérifier que son message a été compris.
Cette clarification est particulièrement importante lorsque les équipes doivent faire face à des changements, à des arbitrages ou à des objectifs qui peuvent sembler contradictoires.
Communiquer clairement permet alors de réduire les zones d’incertitude et de donner aux collaborateurs des repères pour agir. Mais la clarté ne consiste pas à multiplier les explications : elle suppose surtout de transmettre les informations utiles, au bon moment et d’une manière compréhensible pour l’interlocuteur.
Créer les conditions de l’écoute et du dialogue
La communication managériale ne peut pas fonctionner uniquement dans un sens.
Un manager a besoin de transmettre des informations, mais également de comprendre ce qui se passe réellement dans son équipe : difficultés rencontrées, incompréhensions, désaccords, propositions ou signaux faibles.
Pour obtenir ces informations, il ne suffit pas de demander : « Est-ce que tout va bien ? » ou « Avez-vous des questions ? ». Encore faut-il que les collaborateurs puissent répondre sans craindre que leur parole soit immédiatement jugée, minimisée ou rejetée.
L’écoute managériale implique donc de laisser une véritable place à la réponse, de questionner avant de conclure et d’accepter parfois d’entendre un point de vue différent du sien.
Le dialogue devient alors une source d’information pour le manager et permet à l’équipe de ne pas rester enfermée dans une communication uniquement descendante.
Faciliter la confiance et la prise d’initiative
La confiance ne se décrète pas. Elle se construit notamment à travers la répétition des interactions quotidiennes.
Un manager qui tient un discours cohérent avec ses comportements, écoute les difficultés sans réagir systématiquement de manière défensive et formule clairement ses attentes contribue à rendre ses réactions plus lisibles et plus prévisibles pour ses collaborateurs.
Cette qualité relationnelle peut faciliter la prise de parole et l’initiative. Un collaborateur qui sait qu’il peut signaler une difficulté, proposer une autre solution ou reconnaître une erreur sans être immédiatement disqualifié sera généralement davantage en mesure de contribuer au fonctionnement collectif.
A l’inverse, lorsque les réactions du manager sont difficiles à anticiper, les collaborateurs peuvent progressivement choisir de se protéger plutôt que de s’exposer : ils parlent moins, prennent moins d’initiatives ou attendent davantage de directives.
La qualité de la communication managériale contribue ainsi à créer un environnement dans lequel chacun peut exercer ses responsabilités avec davantage d’autonomie.
Prévenir les incompréhensions et les tensions
De nombreuses tensions professionnelles ne naissent pas nécessairement d’un désaccord de fond. Elles peuvent commencer par une consigne mal comprise, une attente implicite, un feedback maladroit ou une interprétation différente d’une même situation.
Lorsque ces écarts ne sont pas identifiés, ils peuvent s’accumuler. Chacun interprète alors le comportement de l’autre à partir de ses propres repères : un manque d’information peut être perçu comme un manque de confiance, une demande directe comme une critique ou un silence comme un désengagement.
Une communication managériale efficace permet de rendre davantage explicites les attentes, de vérifier les interprétations et d’aborder les désaccords avant qu’ils ne deviennent des tensions durables.
L’objectif n’est pas de supprimer tout désaccord. Une équipe peut parfaitement fonctionner avec des points de vue différents. L’enjeu consiste plutôt à permettre que les désaccords puissent être exprimés, compris et traités sans détériorer inutilement la relation.
Les principales difficultés de communication rencontrées par les managers
Même lorsqu’un manager maîtrise les principes d’une bonne communication, leur mise en pratique peut s’avérer plus complexe. Entre les contraintes opérationnelles, les différences de personnalité, les enjeux hiérarchiques et la pression du quotidien, l’intention de bien communiquer ne garantit pas que le message produira l’effet recherché.
Certaines difficultés sont particulièrement fréquentes : avoir le sentiment de ne pas être entendu, constater que ses consignes sont interprétées différemment, obtenir peu de retours de ses collaborateurs ou voir sa communication se dégrader lorsque la pression augmente.
Les identifier permet déjà de comprendre qu’un problème de communication ne vient pas nécessairement des mots employés. Il peut également résulter de la manière dont le manager entre en relation avec ses interlocuteurs.
Parler sans être réellement entendu
Un manager peut expliquer une décision, répéter une consigne ou développer longuement ses arguments et constater malgré tout que son message ne produit pas l’effet attendu.
Le réflexe consiste parfois à parler davantage, à répéter ou à insister. Pourtant, être entendu ne dépend pas uniquement de la qualité de l’explication.
Un collaborateur peut avoir compris les mots sans percevoir clairement la priorité, l’intention ou ce qui est réellement attendu de lui. Il peut également hésiter à exprimer son désaccord ou ses interrogations.
La question utile n’est donc pas seulement : « Ai-je suffisamment expliqué ? », mais aussi : « Qu’est-ce que mon interlocuteur a réellement compris et comment a-t-il reçu mon message ? »
Cette distinction entre intention et impact constitue l’un des enjeux majeurs de la communication managériale.
Donner des consignes qui laissent place à plusieurs interprétations
Ce qui paraît évident pour le manager ne l’est pas nécessairement pour son collaborateur.
Une consigne comme « traite ce dossier rapidement », « sois plus autonome » ou « il faut améliorer la relation avec ce client » peut sembler claire tout en laissant une grande place à l’interprétation.
Rapidement signifie-t-il aujourd’hui, cette semaine ou avant les autres dossiers ? Être plus autonome signifie-t-il prendre davantage de décisions seul ou simplement proposer des solutions avant de solliciter son responsable ?
Pour limiter ces écarts, le manager doit pouvoir expliciter le résultat attendu, les priorités, les marges de manœuvre et, lorsque cela est nécessaire, les critères permettant d’évaluer le résultat.
Il est également utile de vérifier la compréhension plutôt que de supposer qu’elle est acquise. Cette démarche ne consiste pas à contrôler systématiquement le collaborateur, mais à s’assurer que manager et collaborateur travaillent bien à partir des mêmes repères.
Demander du feedback sans permettre réellement la contradiction
« Qu’en pensez-vous ? »
La question semble ouvrir le dialogue. Pourtant, la manière dont le manager accueille la réponse détermine souvent si ses collaborateurs continueront à lui donner un feedback sincère.
S’il se justifie immédiatement, interrompt son interlocuteur, cherche à démontrer qu’il a raison ou manifeste son irritation lorsqu’un désaccord apparaît, le message implicite peut contredire l’invitation au dialogue.
Progressivement, les collaborateurs peuvent apprendre qu’il est plus prudent d’acquiescer, de rester silencieux ou de réserver leurs objections à d’autres espaces.
Permettre la contradiction ne signifie pas que le manager doit accepter toutes les propositions ni renoncer à décider. Il s’agit de pouvoir entendre un point de vue différent sans considérer automatiquement le désaccord comme une remise en cause de son autorité.
La qualité du feedback dépend donc autant des questions posées que de la capacité du manager à accueillir les réponses qu’il n’attendait pas.
Communiquer sous pression
La communication devient souvent plus révélatrice lorsque la situation se complique.
Face à une urgence, un conflit, un objectif difficile à atteindre ou une erreur importante, un manager peut devenir plus directif, interrompre davantage ses interlocuteurs, accélérer ses décisions ou laisser transparaître son irritation.
Ces réactions peuvent être compréhensibles. Mais elles modifient également la manière dont ses messages sont perçus par l’équipe.
Sous pression, le ton de voix, le rythme, les gestes ou la disponibilité à l’écoute peuvent parfois transmettre davantage que les mots eux-mêmes. Un manager peut demander à son équipe de rester calme tout en communiquant lui-même une forte tension.
L’enjeu n’est donc pas de rester impassible en toutes circonstances. Il consiste à prendre conscience de ses réactions et à conserver suffisamment de recul pour adapter sa communication lorsque la pression augmente.
C’est précisément dans ces moments que l’écart entre ce que le manager souhaite transmettre et ce que son comportement communique réellement devient particulièrement visible.
Comment améliorer sa communication managériale ?
Améliorer sa communication managériale ne signifie pas apprendre une série de formules à appliquer dans toutes les situations. Une communication efficace dépend de l’interlocuteur, du contexte, de l’objectif poursuivi et de la qualité de la relation.
Le manager doit donc développer sa capacité à observer, écouter et ajuster sa manière de communiquer. Il ne s’agit plus seulement de savoir quoi dire, mais de vérifier comment le message est reçu et d’adapter son comportement lorsque l’effet obtenu ne correspond pas à l’effet recherché.
Plusieurs leviers permettent de développer cette capacité d’ajustement.
Écouter avant de chercher à convaincre
Lorsqu’un désaccord apparaît, le premier réflexe peut être d’expliquer davantage son point de vue pour obtenir l’adhésion de son interlocuteur.
Pourtant, chercher immédiatement à convaincre risque parfois de renforcer l’opposition. Avant de répondre, le manager a intérêt à comprendre ce que son collaborateur cherche réellement à exprimer : une incompréhension, une inquiétude, une contrainte opérationnelle, un désaccord de fond ou simplement le besoin d’être entendu.
L’écoute active suppose de questionner, de reformuler et de laisser à l’autre le temps d’expliciter son point de vue avant de construire sa réponse.
Écouter ne signifie pas nécessairement être d’accord. Le manager conserve sa responsabilité de décision. Mais il peut décider après avoir réellement compris les arguments et les préoccupations de son interlocuteur.
Cette posture permet souvent de sortir d’une logique dans laquelle chacun cherche à défendre sa position pour entrer dans un véritable échange.
Adapter sa communication à son interlocuteur et au contexte
Un même message ne peut pas toujours être communiqué de la même manière à tous les collaborateurs.
Certains ont besoin de comprendre précisément le contexte et les raisons d’une décision. D’autres attendent davantage de clarté sur le résultat à atteindre ou sur leur marge de manœuvre. Une personne expérimentée et autonome n’aura pas nécessairement besoin du même niveau d’explication qu’un collaborateur qui découvre une nouvelle responsabilité.
Le contexte compte également. Annoncer une décision, gérer une urgence, accompagner une difficulté ou préparer un changement ne sollicite pas les mêmes compétences de communication.
Adapter sa communication ne consiste pas à modifier son discours pour plaire à son interlocuteur. Il s’agit de choisir la manière la plus pertinente de transmettre son message en fonction de la personne et de la situation.
Cette capacité d’adaptation constitue l’une des dimensions importantes de l’efficacité relationnelle du manager.
Donner un feedback clair et constructif
Le feedback est un outil essentiel du management, à condition qu’il permette réellement au collaborateur de comprendre ce qui est attendu de lui.
Un feedback trop général comme « il faut être plus impliqué » ou « ta communication doit s’améliorer » laisse souvent l’interlocuteur sans indication précise sur ce qu’il devrait modifier.
Un feedback constructif s’appuie davantage sur des faits et des comportements observables. Il permet de distinguer ce qui s’est passé de l’interprétation que le manager peut en faire, puis d’expliquer les conséquences et les ajustements attendus.
Cette précision vaut aussi pour les retours positifs. Dire à un collaborateur ce qu’il a précisément bien fait lui permet davantage de comprendre les comportements qu’il peut reproduire.
L’objectif du feedback n’est donc pas seulement d’évaluer. Il doit permettre à l’interlocuteur de comprendre, apprendre et ajuster son comportement.
Savoir recadrer sans détériorer la relation
Recadrer fait partie des responsabilités du manager. Lorsqu’un comportement, une décision ou un résultat ne correspond pas au cadre attendu, éviter systématiquement le sujet peut laisser s’installer des difficultés plus importantes.
A l’inverse, un recadrage formulé comme un jugement sur la personne risque de provoquer une réaction défensive et de déplacer la discussion du problème à traiter vers la relation avec le manager.
L’enjeu consiste donc à être ferme sur le cadre sans dévaloriser l’interlocuteur.
Cela suppose notamment de distinguer la personne de son comportement, de s’appuyer sur des faits précis, d’expliquer ce qui pose problème et de clarifier ce qui est attendu pour la suite.
Le manager peut ainsi exercer son autorité tout en préservant les conditions d’un dialogue professionnel. La qualité de la relation ne repose pas sur l’absence de désaccord ou de recadrage, mais sur la manière dont ces situations sont traitées.
Vérifier l’impact de son message plutôt que son intention
« Ce n’est pas ce que je voulais dire. »
Cette réaction illustre l’une des difficultés centrales de la communication : l’intention de celui qui parle et l’impact sur celui qui écoute peuvent être différents.
Un manager peut vouloir être direct et être perçu comme agressif. Vouloir rassurer et donner l’impression de minimiser une difficulté. Vouloir responsabiliser un collaborateur et être perçu comme insuffisamment présent.
L’intention reste importante, mais elle ne suffit donc pas pour évaluer la qualité d’une communication.
Améliorer sa communication managériale consiste aussi à observer les réactions de son interlocuteur, à demander ce qu’il a compris et, lorsque cela est nécessaire, à reformuler ou à modifier son comportement.
Cette capacité à mesurer l’effet produit et à s’ajuster en conséquence est essentielle : une communication efficace ne se définit pas seulement par ce que le manager voulait transmettre, mais aussi par ce qui s’est réellement passé dans la relation.
Communication verbale et non verbale : le manager doit-il être cohérent ?
Dans une situation managériale, les mots ne constituent qu’une partie du message. La manière de parler, le regard, les gestes, la posture ou encore les silences participent également à ce que l’interlocuteur perçoit.
Lorsque ces différents signaux sont cohérents, le message gagne généralement en clarté. À l’inverse, lorsqu’un manager affirme une chose tout en laissant percevoir autre chose par son comportement, son interlocuteur peut hésiter sur le message auquel accorder le plus de crédit.
La cohérence entre communication verbale et non verbale constitue donc un enjeu important de la communication managériale.
Quand la posture contredit les mots
Un manager peut dire à un collaborateur : « Je veux vraiment connaître ton avis », tout en restant les bras croisés, en consultant régulièrement sa montre ou en manifestant de l’impatience dès que la réponse se prolonge.
Les mots invitent alors au dialogue, tandis que le comportement peut envoyer un signal différent.
Ces contradictions ne sont pas nécessairement volontaires. Elles peuvent apparaître lorsque le manager est préoccupé, pressé, contrarié ou simplement peu conscient de ce que sa posture laisse percevoir.
Or, l’interlocuteur ne réagit pas seulement aux intentions du manager, mais à l’ensemble des signaux qu’il reçoit.
Prendre conscience de sa communication non verbale permet donc de mieux identifier les éventuels décalages entre le message que l’on souhaite transmettre et celui qui peut être perçu.
Ton, rythme, présence et langage corporel
Une même phrase peut produire des effets très différents selon la manière dont elle est prononcée.
Le ton de la voix peut exprimer de l’intérêt, de l’agacement, de l’hésitation ou de la fermeté. Le rythme de parole peut laisser de l’espace à l’échange ou, au contraire, donner l’impression que toute discussion doit être écourtée. Le regard, l’orientation du corps, la distance ou les gestes participent eux aussi à l’interaction.
La présence du manager joue également un rôle. Être physiquement face à un collaborateur ne signifie pas nécessairement être disponible à l’échange. Une attention dispersée ou une écoute manifestement partielle peuvent modifier la qualité de la relation, même si les paroles employées sont appropriées.
Il ne s’agit pas pour autant de chercher à contrôler chacun de ses gestes. Une communication non verbale excessivement travaillée risquerait de devenir artificielle.
L’objectif consiste plutôt à développer une meilleure conscience de la manière dont son comportement accompagne, renforce ou parfois affaiblit son discours.
L’écart entre intention et impact
Un manager communique généralement avec une intention : informer, convaincre, rassurer, encourager, recadrer ou mobiliser.
Mais cette intention ne détermine pas à elle seule l’effet produit.
Un message destiné à mobiliser peut être vécu comme une pression supplémentaire. Une volonté d’aller rapidement à l’essentiel peut être interprétée comme un manque d’écoute. Une posture que le manager pense rassurante peut être perçue comme distante ou hésitante.
Il existe donc parfois un écart entre ce que le manager pense communiquer et ce que son interlocuteur perçoit réellement.
Cet écart ne signifie pas nécessairement que l’un a raison et l’autre tort. Il constitue surtout une information précieuse sur la relation.
Développer sa communication managériale suppose alors de ne pas s’arrêter à « ce que j’ai voulu dire », mais de s’intéresser également à l’effet que ma manière de communiquer produit sur l’autre.
C’est cette capacité d’observation et d’ajustement qui permet progressivement au manager de rendre sa communication plus cohérente et plus efficace.
Assertivité et communication managériale
L’assertivité occupe une place importante dans la communication managériale. Un manager doit pouvoir exprimer clairement ce qu’il attend, prendre une décision, dire non ou recadrer un comportement, tout en maintenant une relation professionnelle constructive.
Être assertif ne signifie ni éviter les désaccords ni chercher à imposer systématiquement son point de vue. Il s’agit de pouvoir exprimer clairement sa position tout en respectant celle de son interlocuteur.
Cette capacité est particulièrement utile dans les situations où le manager doit concilier deux exigences : assumer pleinement ses responsabilités et préserver les conditions du dialogue.
S’affirmer sans imposer
La position hiérarchique donne au manager une autorité formelle, mais elle ne garantit ni l’adhésion ni la qualité de la relation.
Face à une opposition ou à une résistance, deux réactions peuvent notamment apparaître : éviter la confrontation pour préserver la relation ou, à l’inverse, chercher à imposer sa décision pour réaffirmer son autorité.
L’assertivité permet de sortir de cette alternative.
Un manager peut exprimer clairement ce qu’il pense, expliquer une décision et maintenir une exigence sans chercher à dominer son interlocuteur. Il peut également écouter un point de vue différent sans considérer qu’il doit nécessairement y adhérer.
S’affirmer consiste ainsi à prendre sa place dans la relation tout en laissant à l’autre la possibilité d’occuper la sienne.
Dire non et poser un cadre
Manager implique nécessairement de poser des limites.
Il peut s’agir de refuser une demande, de rappeler une règle, de clarifier ce qui relève ou non de la responsabilité d’un collaborateur ou de mettre fin à un comportement qui ne correspond pas au fonctionnement attendu.
La difficulté apparaît lorsque le manager hésite à poser ce cadre par crainte de provoquer une tension, de décevoir ou de détériorer la relation. A l’inverse, une limite exprimée brutalement peut transformer un problème de cadre en conflit relationnel.
L’enjeu consiste donc à pouvoir dire non clairement sans agressivité ni justification excessive.
Poser des limites suppose d’exprimer ce qui est acceptable ou non, d’en expliquer la raison lorsque cela est utile et de rester cohérent dans son application.
Un cadre clairement exprimé peut d’ailleurs sécuriser davantage la relation qu’une position ambiguë ou changeante. Le collaborateur sait alors plus précisément ce qui est attendu de lui et quelles sont ses marges de manœuvre.
Permettre le désaccord sans perdre son autorité
L’autorité managériale n’implique pas que les collaborateurs doivent systématiquement partager le point de vue du manager.
Une équipe dans laquelle personne n’exprime de désaccord n’est pas nécessairement une équipe parfaitement alignée. Le silence peut aussi traduire la conviction qu’il est inutile, voire risqué, de contester une idée ou une décision.
Permettre le désaccord consiste à créer un espace dans lequel un collaborateur peut exprimer un point de vue différent sans transformer cette divergence en affrontement personnel.
Le manager reste libre d’arbitrer et de prendre la décision finale lorsque cela relève de sa responsabilité. Mais il peut entendre les objections, demander des arguments et reconnaître la pertinence d’un point de vue différent sans perdre sa légitimité.
Son autorité repose alors moins sur l’absence de contradiction que sur sa capacité à écouter, décider et maintenir un cadre clair même lorsque les points de vue divergent.
L’assertivité permet précisément cet équilibre : ne pas renoncer à sa position pour éviter le conflit, mais ne pas avoir besoin non plus d’imposer son point de vue pour exercer son autorité.
Pourquoi les techniques de communication ne suffisent-elles pas toujours ?
Les managers disposent aujourd’hui de nombreuses méthodes pour mieux communiquer : écoute active, reformulation, techniques de feedback, communication assertive ou encore outils de gestion des désaccords.
Ces approches sont utiles. Elles permettent de comprendre certains mécanismes et d’acquérir des repères pour mieux conduire une conversation.
Mais savoir comment il faudrait communiquer ne signifie pas toujours parvenir à le faire dans la situation réelle.
Lorsqu’un manager est confronté à une résistance, à une urgence ou à un conflit, ses réactions habituelles peuvent rapidement reprendre le dessus. C’est alors moins la connaissance d’une technique qui fait la différence que la capacité à observer son propre comportement et à l’ajuster.
Connaître les bonnes pratiques ne garantit pas leur utilisation
Il est relativement facile de comprendre qu’il faut écouter avant de répondre, reformuler pour vérifier la compréhension ou rester factuel lors d’un recadrage.
La difficulté apparaît lorsque ces principes doivent être appliqués face à un interlocuteur qui conteste une décision, refuse une demande ou adopte un comportement que le manager juge problématique.
Dans ces situations, les réactions peuvent devenir plus rapides et moins conscientes. Le manager peut interrompre, argumenter davantage, devenir plus directif, éviter le désaccord ou chercher à reprendre immédiatement le contrôle de l’échange.
Il existe donc parfois un écart important entre ce que l’on sait qu’il faudrait faire et ce que l’on fait réellement.
Développer sa communication managériale nécessite alors de dépasser la seule acquisition de techniques pour travailler sur sa capacité à les mobiliser au moment où la situation devient plus exigeante.
Ce qui change lorsque le manager est sous pression
La pression agit souvent comme un révélateur des habitudes de communication.
Un manager habituellement disponible peut devenir plus directif lorsqu’il manque de temps. Un responsable qui souhaite favoriser l’autonomie peut reprendre le contrôle lorsqu’un résultat lui paraît incertain. Un autre peut éviter une conversation difficile alors même qu’il sait qu’elle devrait avoir lieu.
Le ton, le rythme de parole, la qualité de l’écoute et la capacité à accepter la contradiction peuvent également se modifier.
Ces réactions ne sont pas nécessairement volontaires. Elles correspondent souvent à des comportements qui apparaissent spontanément lorsque l’enjeu ou la tension augmente.
Or, c’est précisément dans ces situations que la qualité de la communication managériale devient déterminante.
L’objectif n’est donc pas de supprimer toute réaction émotionnelle, mais de parvenir à identifier suffisamment tôt ce qui se passe pour conserver une possibilité de choix : continuer à réagir automatiquement ou ajuster volontairement sa manière de communiquer.
Observer ses comportements réels
Pour progresser, un manager a besoin de pouvoir confronter l’image qu’il a de sa communication à ce qu’il fait réellement dans l’interaction.
Il peut se considérer comme quelqu’un de très à l’écoute tout en interrompant régulièrement son interlocuteur. Penser laisser beaucoup d’autonomie tout en intervenant dès qu’une situation lui échappe. Ou vouloir encourager la prise d’initiative tout en manifestant de la tension lorsqu’un collaborateur agit différemment de ce qu’il avait imaginé.
Ces écarts sont difficiles à identifier uniquement par la réflexion, car nous ne percevons pas toujours l’ensemble des sigaux que nous envoyons aux autres.
L’observation de ses comportements réels permet de rendre ces mécanismes plus visibles : comment est-ce que je réagis lorsque je n’obtiens pas la réponse attendue ? Que fais-je lorsque mon interlocuteur résiste ? Est-ce que j’écoute encore lorsque je suis convaincu d’avoir raison ? Comment ma posture évolue-t-elle lorsque je perds le contrôle de la situation ?
Cette prise de conscience constitue une étape essentielle pour transformer durablement sa communication. Elle permet de passer de la connaissance d’une bonne pratique à l’expérimentation concrète d’une autre manière d’agir.
C’est précisément sur ce passage entre compréhension et expérimentation que l’equicoaching peut apporter un éclairage particulièrement intéressant.
Comment l’equicoaching permet-il de travailler la communication managériale ?
L’equicoaching place le manager dans une situation d’interaction concrète avec le cheval. Il ne s’agit plus seulement de réfléchir à sa manière de communiquer, mais d’observer ce qui se passe réellement lorsqu’il cherche à entrer en relation, formuler une intention ou obtenir une réponse.
Le cheval ne connaît ni la fonction, ni le statut, ni l’expérience professionnelle de la personne qui se trouve face à lui. Il réagit à ce qu’il perçoit dans l’instant : la posture, l’intention, le mouvement, la présence, la cohérence des signaux ou encore la manière dont la personne ajuste son comportement.
Cette interaction permet au manager d’expérimenter certains mécanismes de sa communication dans un contexte différent de son environnement professionnel habituel.
Le cheval comme feedback sur la manière d’entrer en relation
Face au cheval, le manager peut rapidement constater qu’une intention claire dans son esprit ne produit pas nécessairement l’effet qu’il attend.
Il peut vouloir inviter le cheval à se déplacer sans parvenir à mobiliser son attention. A l’inverse, une demande trop insistante peut provoquer de l’évitement ou de la résistance. Dans d’autres situations, un ajustement apparemment minime de la posture, de la position ou de l’intention peut modifier l’interaction.
Le cheval fournit ainsi un feedback comportemental immédiat : sa réaction donne une information sur ce qui est en train de se passer dans la relation.
L’equicoach accompagne alors le participant dans l’observation et le questionnement : qu’a-t-il cherché à obtenir ? Qu’a-t-il fait concrètement ? Comment le cheval a-t-il réagi ? Qu’est-ce qui a changé lorsque le participant a modifié son comportement ?
Il ne s’agit pas de considérer que le cheval « juge » la qualité du management. Sa réaction sert plutôt de support d’observation et d’expérimentation pour rendre visibles certains comportements relationnels.
Expérimenter plutôt que seulement comprendre
Un manager peut parfaitement savoir qu’il devrait davantage écouter, être plus clair dans ses demandes ou mieux adapter sa communication. Cette connaissance reste toutefois théorique tant qu’elle n’est pas confrontée à une situation dans laquelle il doit réellement agir.
L’equicoaching introduit cette dimension expérientielle.
Face au cheval, expliquer ce que l’on voulait faire ne modifie pas la situation. Le participant doit essayer, observer la réponse obtenue puis éventuellement tenter autre chose.
Cette expérience permet de travailler sur l’écart entre ce que l’on pense faire et ce que l’on fait effectivement.
Le manager ne reçoit donc pas uniquement un conseil sur sa communication. Il peut expérimenter différentes manières d’entrer en relation et constater par lui-même comment certains changements influencent l’interaction.
Ajuster son comportement et observer les effets
L’un des intérêts de l’equicoaching réside dans la possibilité d’ajuster immédiatement son comportement.
Si une première approche ne produit pas l’effet recherché, le participant peut modifier sa position, son niveau d’engagement, la clarté de sa demande, son rythme ou la manière dont il utilise l’espace. Il observe ensuite ce qui change dans la réponse du cheval.
Ce processus permet de développer une compétence essentielle en communication managériale : la capacité à ne pas répéter automatiquement le même comportement lorsqu’il ne fonctionne pas.
Dans une relation professionnelle, le manager peut parfois avoir tendance à expliquer davantage, insister ou augmenter son niveau de contrôle lorsque son message n’est pas suivi. L’expérience avec le cheval invite au contraire à observer la situation avant de choisir un nouvel ajustement.
L’enjeu n’est donc pas de découvrir une « bonne » posture applicable partout, mais de développer une plus grande capacité d’observation et d’adaptation dans la relation.
Transposer les enseignements aux situations managériales
L’objectif d’une séance d’equicoaching n’est évidemment pas de reproduire avec ses collaborateurs ce qui a été expérimenté avec un cheval.
Le travail prend son sens dans le débriefing et dans la mise en perspective avec les situations professionnelles du participant.
Une difficulté à formuler une demande claire peut faire écho à certaines situations de délégation. Une tendance à augmenter rapidement la pression peut questionner la manière de réagir face à une résistance. Une difficulté à laisser de l’espace peut renvoyer au niveau d’autonomie accordé aux collaborateurs.
L’equicoach accompagne cette transposition en aidant le manager à identifier ce que l’expérience lui apprend sur ses propres comportements, puis à déterminer dans quelles situations professionnelles cette prise de conscience peut être utile.
L’equicoaching ne fournit donc pas une recette universelle de communication managériale. Il crée un espace d’expérimentation permettant au manager de mieux observer son impact, de tester d’autres comportements et de réfléchir à leur transposition dans ses relations avec ses collaborateurs.
Développer une communication managériale plus efficace
Améliorer sa communication managériale ne consiste pas à rechercher une manière parfaite de communiquer. Il s’agit plutôt de développer la capacité à écouter, clarifier ses messages, observer l’effet produit sur ses interlocuteurs et ajuster son comportement lorsque cela est nécessaire.
Pour un manager, cette capacité devient particulièrement importante dans les situations où la relation est mise à l’épreuve : donner un feedback difficile, recadrer un collaborateur, annoncer une décision, gérer un désaccord, poser des limites ou continuer à communiquer efficacement sous pression.
L’enjeu est alors de parvenir à conjuguer clarté, écoute, assertivité et cohérence, sans renoncer à son rôle ni à ses responsabilités.
L’equicoaching offre un cadre expérientiel pour travailler ces dimensions autrement. La relation avec le cheval permet de rendre plus visibles certains comportements, d’en observer les effets et d’expérimenter immédiatement d’autres façons d’entrer en relation.
Ces prises de conscience peuvent ensuite être transposées aux situations professionnelles afin d’aider le manager à développer une communication plus consciente, plus adaptable et plus efficace avec ses collaborateurs.
Vous souhaitez travailler la communication managériale de vos managers ou intégrer cette thématique à un séminaire d’equicoaching ?
Nous pouvons construire une intervention adaptée à votre contexte, aux situations rencontrées par vos managers et aux objectifs de votre entreprise.
Cet article a été publié par Equicoaching Events®, spécialiste de l’equicoaching professionnel en entreprise
et acteur reconnu du secteur en France depuis 2014, fondé par Bernard Lamonnier.
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